Josée sur le Camino Del Norte


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Du 30 mai au 5 juin 2022 - De Bayonne à Zumaia


À la gare de Montparnasse

En TGV vers Bayonne - 30 mai 2022

Josée a pris le TGV à la Gare Montparnasse, vers Bayonne, son point de départ. À 300km/h! Un trajet d'environ 4 heures.

Son séjour à Paris s'est bien passée. Je la cite: Ça me fait tout un bien de voir et de fréquenter les rues achalandées de Paris. Moi qui ne rencontre que des bêtes puantes et des porcs-épics... Les odeurs des restaurants, le tumulte des paroles échangées dans toutes les langues, les gens habillés de toutes sortes de façons. Il y a plein de couleurs, c’est très joyeux à voir. Les voitures de police qui pinponnent.

Cela dit, elle était contente de quitter le tumulte de la grande ville. Et le voyage en train, ça roulait doux? Ça brasse un peu quand même, difficile de tenir mon thé, dit-elle.

Arrivée un peu après 20h, elle a marché vers l'auberge Hostel 20, son premier gite. L'auberge est à quelques minutes de marche de la gare. Une fois installée (dans un dortoir à 10 lits), elle s'est commandée à souper. Une assiette de tapas. C'était bon, parait-il. Ce n'était pas très calme à l'auberge car il y avait un groupe d'étudiants qui parlaient fort et riaient à grands éclats. On va souhaiter qu'ils se calmeront tôt en soirée.

Demain matin, elle se mettra en marche vers St-Jean de Luz. 26 kilomètres à parcourir pour cette première journée.


La plage de St-Jean de Luz

De Bayonne à St-Jean de Luz - 31 mai 2022

Les jeunes ont fait le "ravot" tard, alors Josée a eu du mal à s'endormir. Une fois enfin assoupie, elle a dormi jusqu'à 9h10. Petit dej' et hop à 10h, les bottines se mettent en marche. Arrivée à bon port à 16h15 à l'Accueil Ste-Élisabeth à St-Jean de Luz. Ce soir, elle dormira en paix car elle est la seule pèlerine à l'Accueil.

26 kilomètres, 37800 pas!

La route n'était pas très agréable aujourd'hui car elle longeait surtout des autoroutes achalandées. Mais les prochaines étapes seront sur de belles petites routes et des sentiers plus pittoresques.

Je la cite: Parcours difficile durant les cinq derniers kilomètres. Mon sac est lourd. Finalement arrivée à l’accueil Sainte-Élisabeth, rue impasse Saint-Jacques à Saint-Jean de Luz. C’est extraordinaire ce qui m’attend: un lieu d’une propreté impeccable tenu par Marie Claire et Claude. Ce lieu est financé par la paroisse et a été complètement rénové. En plein coeur de Saint-Jean de Luz, il abritait, il y a plus de 100 ans, un hôpital pour les pèlerins. Actuellement, j’ai mal partout: jambes, épaules et le gros orteil de chaque pied était endolori sous l’ongle noirci. Ariane m’a dit que les premières journées seraient très difficiles à cause des micro-fissures qui vont se faire dans les muscles. Mais, elle m’a promis que dans une semaine, tout serait beaucoup mieux!

Elle a fait une petite épicerie pour son souper (un plat de lentilles) et est allée faire un tour sur la plage mais vraiment trop fourbue pour en profiter.

Les prochaines étapes:

  • Irun : 17 km
  • San Sebastian : 25 km
Elle aimerait s'attarder à San Sebastian car il y a des très belle plages. Mais on annonce de la pluie vendredi, samedi et dimanche. Cela pourrait faire changer ses plans. À suivre...

Hier, j'ai oublié de mentionner que dans le TGV Josée avait jasé avec le passager qui était assis à ses côtés. Ils ont parlé de plein de sujets. À un moment donné, il a évoqué les spectacles de taureaux. Du tac au tac, Josée lui a dit que cela ne l'impressionnait pas car, dit-elle, au Québec, on lâchait les dindons sauvages dans les rues et tout le monde se précipitait pour les tuer. Le monsieur: vous vous payez ma tête!. Ouiiii! Enfin, au moment de quitter, il lui a laissé son numéro de téléphone et son courriel en lui disant de l'appeler n'importe quand si elle était mal prise : il viendrait la chercher. Moi j'ai trouvé ça rassurant.


Albergue de Peregrinos Jakobi

De St-Jean de Luz à Irún - 1er juin 2022

Je laisse la parole à Josée: Je suis rendue à Irún; 18,5 km et 25 157 pas. Il fait chaud. Le soleil tape fort. Ça fait bien une heure que je tourne en rond pour trouver le gîte (l'Albergue de Peregrinos Jakobi). Une heure, c’est long quand on a mal aux orteils et qu’on a juste envie d’arriver. Le guide Rother ne donnait pas d’adresse et les espagnols ne sont pas tous aimables envers les pèlerins perdus. Finalement, un couple m’a aidé, ils tiennent un petit restaurant. Avec leur aide j’ai trouvé l’albergue, qui n’ouvre qu’à 16 heures. Alors je suis revenue au petit restaurant, ils m’ont installé à l’arrière. J’ai déposé mon sac et commandé des lentilles au chorizo et un latté.

Ce matin, alors que j’étais toujours, en France, je suis passée devant un bureau de poste. Alors je suis entrée et j’ai envoyé à Ariane quelques vêtements qui alourdissaient mon sac.

La ville m’apparaît moins sympathique qu’à Saint-Jean De Luz. Des magasins, des boutiques, des boutiques et toujours des boutiques.

J’ai rencontré une femme australienne qui parle espagnol et anglais. On part ensemble demain vers San Sebastián. Mes gros orteils élancent; je pense que je vais perdre mes ongles. Ils sont décollés.

Imagine-toi qu’une famille avec quatre jeunes enfants en bas de 6 ans sont arrivés à pied à l’auberge. Ils font le Camino. Faut le faire! Les enfants courent et crient... Ils dorment dans le dortoir voisin.

Lors de son entrainement, Josée n'avait pas subi la chaleur. À La Malbaie, entre Janvier et mai, le thermomètre oscillait entre -25°C et 10°C. Marcher sous la chaleur représente un défi supplémentaire. Concernant le poids du sac, ce fardeau qu'elle porte: elle a délesté encore quelques items, mais il faut comprendre qu'il n'y a pas vraiment du superflu à éliminer. L'eau dans son Camelbak (2 litres) pèsent tout de même 2 kg! Impossible de s'en passer n'est-ce pas?

Description de l'Albergue Jakobi: Auberge municipale inaugurée en 2018 et gérée par des volontaires de l’association « Jakobi », qui dispose d'une soixantaine de places réparties dans trois dortoirs agréables et lumineux. L'auberge est située à 10 minutes environ du centre commerçant d'Irún, dans un bâtiment en brique relativement moderne et à la décoration soignée. Elle est équipée d’une cuisine avec four à micro-ondes, tandis que les volontaires servent un petit déjeuner (sur donation).

Ce que Josée a prévu dans sa planification... San Sebastián: journée de repos, si la température est favorable. Plage La Concha, plus belle plage d'Europe. Ile de Santa Clara: se baigner. Visiter la Cathédrale de Buen Pastor. Je lui souhaite vraiment cette pause méritée.


Marchant San Sebastián

De Irún à San Sebastián - 2 juin 2022

25 km. Journée très pénible. Épaules endolories. Pieds meurtris. Et ce, malgré les précautions qu'on lui a conseillé, comme changer ses bas, aérer les pieds, faire des pauses, mettre des coussinets de protections pour les orteils (condoms d'orteil comme certains les appellent!).

Aujourd'hui, Josée a marché avec Sara, une australienne rencontrée hier à l'auberge. En cours de route, trois femmes qui faisaient le Camino se sont jointes. Une belle rencontre! À peu près du même âge que Josée, c'était la 6e ou 7e fois qu'elles faisaient Compostelle. Pour elles, c'est du gâteau! A walk in the park comme disent les anglophones.

Ces femmes ont été unanimes: son sac à dos est trop lourd. C'est, selon elles, ce qui explique les maux d'épaules et la surcharge sur les pieds. Les marcheuses expérimentées portent un sac dont le volume est de 35 litres. Josée a un sac de 50 litres. Elles s'est délestée de plusieurs items: un pantalon, une robe, câbles de rechange pour le téléphone, etc. Chaque gramme compte... Maintenant, un sac plus petit et donc moins lourd, conviendrait. Elle va en magasiner un plus petit.

Tout de même, il semble que Josée soit accompagnée: alors qu'elle était à la pharmacie, un monsieur qui a entendu la conversation de Josée avec la pharmacienne, lui a donné le numéro de téléphone de sa podólogo (podiatre). Incroyable mais vrai, elle aura une consultation dès demain! Après sa consultation, elle va sans doute aussi troquer ses bottines pour une paire de chaussure plus adaptée. Ici, à La Malbaie, ça allait mais bon, c'est l'usage prolongé en conditions réelles qui fait foi.

Chose certaine, Josée s'arrêtera au moins une journée à San Sebastián pour se refaire. Elle avait d'ailleurs prévu s'y arrêter pour profiter de la belle plage.

Pour ajouter à ces irritants, je n'ai pas réussi à la rejoindre de la journée. Son téléphone apparaissait hors-ligne. Elle a une carte sim française. Hier, elle était en Espagne, mais encore tout près de la France. À un moment donné, elle a cessé d'avoir du signal, plus d'Internet, rien, coupée du monde. N'y tenant plus, vers 18h (heure d'Espagne), j'ai appelé à l'auberge oú je savais qu'elle couchait ce soir: Albergue Ondaretta. J'avais préparé mes questions en espagnol (merci Google Traduction) mais le réceptionniste parlait anglais. Il m'a confirmé que Josée avait fait son check-in, ce qui m'a grandement rassuré. Elle m'a rappelé par la suite et m'a raconté sa journée. Brièvement, le problème avec le téléphone, c'est qu'en Espagne, elle devait activer l'itinérance des données vu qu'elle était sur un forfait français.

Pour terminer, la nuit dernière, j'avais mis mon réveil à une heure du matin (7h pour elle) pour lui souhaiter une bonne journée sur Messenger, puis je me suis recouché. Au petit matin, pas de réponse... petite inquiétude.


Plage de San Sebastián

Récupération à San Sebastián - 3 juin 2022

Journée d'arrêt pour récupérer, soigner ses pieds et faire des ajustement nécessaires à l'équipement.

Josée a consulté la podiatre en après-midi. Elle a fait un petit trou dans l'ongle du gros orteil droit (pour faire sortir l’infection) et appliqué des pansements que Josée devra refaire à chaque jour.

Par la suite, elle a magasiné des chaussures. Il n'y avait pas beaucoup de choix mais elle a trouvé des Merrell, les mêmes que portaient la marcheuse australienne de la veille. Donc, plus besoin des bottines; envoyés dans une boite à La Malbaie, avec d'autres items.

En fin de journée, allégée, reposée, son moral était remonté. J’ai hâte de recommencer à marcher! dit-elle; elle fera le Camino à son rythme, sans tenter de suivre celui des pèlerines expérimentées qu'elle rencontre en chemin.

Tostadas con tomate
Un déjeuner espagnol que Josée adore: tostadas con tomate.

Deliciosas para el desayuno junto con un café con leche. No hay nada más español para comenzar el día.
Essayez ça demain matin pour déjeuner! Miam!


Les grosses fougères

De San Sebastián à Orio - 4 juin 2022

Je laisse la parole à Josée: Aujourd'hui, j'ai vécu toute une expérience… D'abord, je suis partie très tôt avec une jeune fille qui m'indiquait le chemin pour sortir de la ville. Jusque-là tout va bien. Évidemment elle m'a distancée, c'est ce que je lui avais demandé de faire parce qu'elle marche très vite. Alors à un moment, j'ai manqué la flèche jaune et je suis carrément revenue... à l'auberge. Pas d'Internet pour me guider. J'ai perdu une heure.

Je suis reparti et j'ai trouvé là où je m'étais trompée. Je vois une flèche jaune qui m'indiquait, semble-t-il, le chemin à suivre. Alors je m'y engage, mais je me trouve dans un sentier très étroit qui n'est parfois dégagé que d'un pied de largeur et les fougères de chaque côté de moi pouvaient atteindre des hauteurs par-dessus ma tête. Je me disais, il est surprenant le Camino... Mais je longe la mer et c'était très beau. Plus je marche, plus c'était difficile et à un point, je me suis dit: ça ne peut pas être le Camino. Je regarde devant moi, puis derrière: j'avais l'impression d'être dans la brousse.

J'arrive finalement au bord de la mer. Je sais bien que je suis perdue. Mais l'endroit est vraiment beau. Il faut sortir de là alors j'ai dû longer les grosses grosses roches le long du rivage et remonter à travers ces fougères très hautes jusqu'au chemin. Aujourd'hui, assise à l'auberge devant un thé, je me demande comment j'y suis arrivée. J'avais mal aux pieds, j'avais mal dans l'aine du côté droit, c'était pas évident.

Lorsque j'ai enfin regagné une route, j'ai rencontré une fille qui marchait. Nous avons fait un petit bout ensemble mais elle m'a dépassée. Et j'ai continué, continué, continué jusqu'à arriver à Orio. À cause de ces deux erreurs, au lieu de marcher 15 km comme prévu, j'en ai marché 26. Je suis maintenant à l'auberge San Martín. Demain, je vais reprendre la route pour me rendre jusqu'à Zumaia. Mes pieds restent douloureux, la podiatre n'a pas percé l'ongle du côté gauche et je crois qu'elle aurait dû.

Demain, prochaine étape: Zumaia, 17 km.


Baignade à Zarautz

De Orio à Zumaia - 5 juin 2022

Combien de kilomètres aujourd'hui? Selon la carte, approximativement 15km (je n'ai pas reçu le compte officiel).

De Orio à Zumaia, en s'arrêtant à Zarautz pour se baigner. L'eau était bonne, parait-il. Concernant ses orteils, le trempage dans l'eau salée de la mer lui a fait du bien; elle dit qu'ils vont un peu mieux. [NDLR: ouin, on va dire]

Elle n'est pas tout à fait à Zumaia. Elle avait prévu coucher au Convento de San José, mais elle s'est plutôt arrêtée à la ferme Agote Aundi, environ 45 minutes de marche avant Zumaia.

Prochaines étapes... demain, je prévois me rendre jusqu’à Deba (12 km) et après-demain c’est la grosse journée jusqu’à Markina (23 km) car le dénivelé est important


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Du 6 au 12 juin 2022 - De Zumaia à Pobeña